La bataille de Poitiers - 25 octobre 732

Publié le 21 Octobre 2007


charles-Martel.jpgLa pression musulmane

Au début du VIIIème siècle, le royaume était sous l'autorité de la dynastie mérovingienne.  Toutefois, le pouvoir véritable se trouvait entre les mains du maire du palais, chef de l'administration et de l'armée. Membre d’une puissante famille d’Austrasie, Charles (qui formera d'ici peu la dynastie carolingienne) avait réussi à unifier, quelques années plus tôt, le royaume Franc après sa victoire en Neustrie.

 

De leur côté, ayant étendu leur domination à l'Afrique du Nord, les Musulmans s'emparèrent, en 711, des territoires contrôlés par les Wisigoths en péninsule ibérique.  Ces dernires s'enfuirent vers les Pyrénées et l'actuel Languedoc. Plus au sud, les Musulmans fondèrent l'Emirat de Cordoue qui devint une puissance militaire majeure ainsi qu'un brillant foyer de civilisation en contact permanent avec l'Afrique du Nord.

 

Tandis que le maire du palais des Mérovingiens, Charles, grand-père desarazin.jpg Charlemagne, s'intéressait fortement aux zones méridionales qui échappaient à la domination franque, le duc d'Aquitaine, Eudes, manoeuvrait pour sauvegarder son indépendance.  Soumis à l'invasion musulmane qui conquit Narbonne, Carcassonne et Nîmes (725), Eudes, depuis sa capitale de Toulouse, s'allia à un chef berbère en rébellion contre le gouverneur d'Espagne.

Les armées en marche
En 732, les Sarrazins, conduits par le « wali » Abd al-Rahman franchirent en force les Pyrénées et marchèrent sur Bordeaux.  La cavalerie musulmane vint aisément à bout des Basques et écrasa les troupes d'Eudes sous les murs de la ville.  Le duc, en fuite vers le Nord, n'eut d'autre choix que d'appeler Charles à la rescousse, offrant là au maire du palais une occasion inespérée d'étendre son pouvoir sur l'Aquitaine.

  

Ayant réuni une solide armée de fantassins, Charles se dirigea vers l'opulente abbaye de Saint-Martin de Tours, objectif probable des musulmans..

La troupe sarrazine, essentiellement composée de Berbères convertis depuis peu de temps mais dirigée par des Arabes, semblait plutôt rechercher le butin que de véritables conquêtes territoriales.  En effet, la troupe musulmane n'était nullement une puissante armée d'invasion mais plutôt une force rapide et réduite qui s'intéressait surtout aux richesses : les villes et surtout les abbayes...  

L'affrontement 

Ayant appris l'arrivée de Charles et Eudes durant leur avancée sur Tours, les Sarrazins refluèrent prudemment vers le Sud.  Durant plusieurs jours, les deux forces se heurtèrent au cours d'escarmouches et d'embuscades mais sans véritable contact. 

      Le choc véritable survint entre Poitiers et Tours, probablement sur le territoire de l'actuelle commune de Vouneuil-sur-Vienne, et plus particulièrement sur le site actuel de Moussais-la-Bataille.

GUERRIERS-ARABES-.jpg     Abd-el-Rhaman, à la nouvelle de l'arrivée des Francs, fit retraite pour concentrer son armée.  Il forma à la hâte un camp pour y abriter les femmes, les enfants et les vieillards Les cavaliers Arabes présentaient une vaste courbure dans laquelle ils croyaient, suivant l'usage des formations orientales, enfermer leurs adversaires par le rapprochement de leurs ailes. Charles rangea son armée en bataille dans les plaines en avant de Moussais. 
     Le 25 octobre 732, Abd al-Rahman, disposant d'une forte cavalerie, prit l'initiative de l'attaque et chargea les compactes formations francques hérissées de lances.  Armés légèrement et habitués aux chocs rapides, les Sarrazins furent mis en difficultés par ces fantassins francs portant boucliers, casques et, parfois, des cottes de mailles primitives.

     Tandis que la fougue des cavaliers venait se briser contre le mur des boucliers des fantassins, Eudes, le duc d’Aquitaine, attaqua la droite des musulmans et pénétra dans leur camp, où il fit un grand carnage. S'apercevant de la situation, Abd-al-Rhaman courut le défendre mais il y trouva la mort et le désordre s'installa aussitôt parmi les siens.
Lassés par leurs échecs répétés et déroutés par la mort de leur chef, les Sarrazins abandonnèrent le terrain durant la nuit pour refluer vers le Sud. La gloire de cette journée rejaillit sur Charles Martel et facilita à sa famille l'avènement au trône de France, aussi bien que la domination de l'Aquitaine

 

Rédigé par thierry

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