Historique : Alexandre et la route des Indes

Publié le 19 Novembre 2007

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La route des Indes

En 327 avant JC, Alexandre, ayant soumis l'empire perse, décida de poursuivre ses conquêtes vers l'Est, et plus particulièrement vers la vallée de l'Indus.
  
L'armée macédonienne, désormais renforcée de contingents perses pénétra en Inde par la passe de Khyber. 

 

Le premier objectif d'Alexandre fut le territoire du râjah Pûru (Poros pour les Grecs) dont l'armée, forte alex2.jpgde 200 éléphants de guerre, inconnus des Macédoniens, se retrancha derrière un cours d'eau, rapide et difficilement franchissable, du nom d'Hydaspe.

Poros s'installa sur la rive gauche de l'Hydaspe de manière à pouvoir repousser toute tentative de franchissement.

Confronté à cette forte position défensive, Alexandre conçut un stratagème dont il était devenu familier.  Laissant un cordon de troupes face aux forces indiennes, il fit répandre la rumeur, en usant de paysans locaux, qu'il considérait le cours d'eau infranchissable, ce qui ne l'empêcha pas de faire traverser l'obstacle au gros de ses forces loin en arrière de sa position initiale.  

Mis au courant de la rumeur par ses espions, Poros fut pris d'une confiance excessive.  Bien que mis au courant d'une traversée des Macédoniens, il n'y vit qu'un raid mineur qu'il tenta de contrer en envoyant contre eux une poignée de cavaliers.

  

La bataille d’Hydaspe

Débarrassé de l'obstacle représenté par l'Hydaspe, Alexandre put ranger son armée en ordre de bataille face à celle de son adversaire.

 Poros, inférieur en nombre opta pour une disposition classique : l'infanterie au centre, protégée par labataille-hydaspe.jpg cavalerie sur les flancs, et retranchée derrière la première ligne constituée des éléphants de guerre.

 

Alexandre, fidèle à son usage audacieux de la cavalerie, disposa celle-ci sur son flanc droit, espérant l'utiliser pour contourner les Indiens ou la lancer dans une brêche causée par l'infanterie.  Toutefois, inquiet de la présence des pachydermes qui effrayaient les chevaux de sa cavalerie, il fit distribuer des haches à ses fantassins qui pourraient les utiliser afin de couper les jarrets ou les trompes des animaux.  

 

Alexandre, selon son habitude, débuta la bataille par une charge de cavalerie sur son flanc droit tout en lançant, à l'insu de Poros, une partie de ses cavaliers dans une large manoeuvre de contournement destinée à les amener sur les arrières indiens.  La gauche de Poros soutint l'assaut initial mais le râjah fut contraint d'engager la cavalerie de son aile droite afin de soutenir ses hommes en difficulté. 

Alexandre avait là atteint son premier objectif en obligeant Poros à engager sa cavalerie dans une action défensive, il évitait à ses propres cavaliers d'avoir à affronter un adversaire monté décrit comme redoutable. 

Lorsque la cavalerie macédonienne surgit sur les arrières de Poros, les cavaliers indiens, dont la formation avait été ébranlée subirent un véritable massacre, laissant la quasi totalité des leurs sur le terrain.

 

Poros lança ses éléphants à l'attaque de l'infanterie macédonienne mais celle-ci, équipée, en conséquence, soutint le choc et causa la mort de nombreux pachydermes (au prix toutefois de pertes assez sérieuses au sein des fantassins macédoniens). 

 Menacé d'encerclement, directement mis en danger - et d'ailleurs blessé - dans la bataille, Poros renonça et ordonna la reddition de ses troupes.

 

Ultime victoire

elephant.jpg Vaincu, Poros perdit les 6.000 hommes de sa cavalerie, une grande part de son infanterie et pratiquement l'ensemble de ses éléphants (sur 200 animaux, 100 sont tués et 80 capturés).

L'armée macédonienne, quoique victorieuse, déplora des pertes importantes, surtout au niveau de son infanterie (prise à partie par la charge des éléphants).

Politique avisé, Alexandre épargna Poros et lui restitua même son trône à la condition qu'il y règne en qualité de vassal.

 

Décidé à poursuivre sa marche vers l'Est, Alexandre se heurta alors à une quasi révolte de son armée.  Les soldats, éloignés de leurs foyers depuis des années et inquiets de rencontrer des techniques de guerre inconnues (face aux éléphants, la cavalerie s'était montrée inadéquate et l'infanterie avait subi des pertes majeures), refusèrent d'aller plus avant.

Par la force des choses, Alexandre se décida à retourner vers l'Ouest, non sans avoir fait élever une stèle indiquant l'emplacement de son avancée la plus orientale. 

Au cours du voyage de retour, Alexandre succomba à la maladie, en 323 avant JC.

L'empire d'Alexandre ne lui survécut pas et plusieurs de ses généraux, sur le point de déclencher une guerre civile, se le partagèrent.  Pour sa part, Poros, profitant de la situation, permit à sa contrée de retrouver son indépendance.  Une époque s'achevait...

 

Rédigé par thierry

Publié dans #Historique

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