Historique : La bataille d'El Alamo (1836)

Publié le 3 Décembre 2007

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Les origines du conflit

En 1821, Stephen Austin avait créé une colonie "anglo-américaine" le long du Rio Brazos, sur un territoire légalement concédé par le gouvernement mexicain. De plus en plus nombreux et puissants, les colons ne tardèrent pas à comploter afin de faire annexer leur territoire par les Etats-Unis. 
Les citoyens du futur Texas étaient toutefois divisés en deux clans : ceux qui voulaient négocier leur indépendance et ceux qui voulaient combattre le Mexique.  

Un leader charismatique apparut en la personne de Sam Houston, il était de ceux qui pensait que l'indépendance devait être acquise par phases successives et était persuadé que le Texas ne pouvait gagner une guerre contre le Mexique.

Le dictateur mexicain, Santa Anna, souhaitait la guerre. Sous prétexte de défendre l'intégrité du territoire mexicain, il voyait dans cette situation une excellente occasion de détourner l'attention de son peuple de la alamopistols.jpgviolence et de la corruption de son gouvernement. 

A la fin de 1835, Santa Anna envoya des troupes au Texas, dans un village du nom de Gonzalez,  afin de confisquer un canon aux Texans, l'affaire dégénèra en fusillade et provoqua le début des hostilités.

Un gouvernement provisoire du Texas fut contitué et Sam Houston fut nommé général en chef d'une armée texane encore symbolique.  
Avec une population de 30.000 habitants, des finances inexistantes et un armement se limitant pour l'essentiel à quelques fusils, Houston avait à lutter contre une nation de 7.000.000 d'habitants dotée d'une armée régulière, organisée et entraînée.

Dans ce contexte, il devint rapidement évident qu'il fallait retarder au maximum l'avance de l'armée mexicaine afin de constituer une armée texane qui puisse espérer livrer bataille avec quelque chance de succès.  

La stratégie de Houston fut donc de reculer en laissant l'armée mexicaine s'étirer dans l'immensité du Texas jusqu'à ce que ses lignes d'approvisionnement deviennent trop étirées pour rester efficaces.

En conséquence, l'ordre fut donné à la petite garnison d'Alamo de faire sauter le fortin avant de se replier vers l'intérieur des terres.  Alamo était sous le commandement de William Travis, lequel commandait une troupe de 157 volontaires.  Ceux-ci furent rapidement rejoints par quelques hommes menés par l'aventurier Jim Bowie.  
Le 8 février 1836, l'ancien élu du Tennessee, Davy Crockett, arriva à Alamo à la tête des "Volontaires Montés du Tennessee", soit 12 hommes.  Avec quelques Mexicains de la ville voisine de Bexar qui s'étaient joints à eux, le nombre total des défenseurs d'Alamo se montait maintenant à environ cent quatre-vingt.
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Contrairement à Houston, Travis était persuadé qu'il fallait arrêter les Mexicains avant qu'ils ne pénètrent profondément en territoire texan, il parvint rapidement à convaincre Bowie et Crockett de défendre la place.  Moins de deux cents Texans se préparèrent donc à subir le choc de l'armée mexicaine dans l'unique forteresse barrant la route à Santa Anna.


Le site d'Alamo

La mission d'El Alamo avait été construite en 1718 à proximité du village de San Antonio de Bexar.  Abandonnée par les Franciscains en 1793, la mission, qui devint plus connue sous le nom d'El Alamo, fut transformée en place forte par l'armée espagnole en 1801. La place fut désaffectée en 1825, le Mexique ayant acquis son indépendance sur la puissance coloniale espagnole.
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El Alamo était construit sur le plan des monastères franciscains espagnols.  Sa grande cour rectangulaire était entourée de murs en pierre.  On notait la présence de divers bâtiments, les plus importants étaient le couvent, transformé en caserne, et l'église, inachevée.

La bataille

Le 22 février dans la soirée, l'avant-garde de l'armée mexicaine arriva en vue d'El Alamo.  Le lendemain, la quasi totalité de l'armée de Santa Anna était parvenue sur place et encercla le fort sans opposition.  Santa Anna installa son quartier général à Bexar où il fit hisser un drapeau rouge au mât de la grande place, signifiant par là aux défenseurs qu'il ne leur serait pas fait de quartier s'ils livraient bataille et étaient vaincus.
Santa Anna exiga la reddition immédiate et sans condition; en guise de réponse, Travis fit tirer un coup de canon... 
Durant toute la journée du 23 février, les Mexicains tentèrent de mettre leur artillerie en batterie aussi près que possible du fort.
Du 24 février au 5 mars, l'artillerie de Santa Anna bombarda Alamo sans grand résultat, les boulets n'ébréchèrent guère les épaisses murailles de l'ancien monastère.  L'infanterie mexicaine fit quelques tentatives d'attaque qui échouèrent sous le feu implacable des défenseurs.  Avec de nouveaux renforts qui lui étaient parvenus, Santa Anna disposait à présent d'au moins 9.000 hommes.

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Ce fut avant l'aube du 6 mars que se déchainèrent les vagues du premier assaut important contre le fort.  Sous la puissance de feu des défenseurs, les Mexicains reculèrent, laissant de nombreux morts et mourants au pied des remparts.  Les Mexicains, harangués par leurs officiers, tentèrent de relancer  l'assaut avant que les Texans n'aient eu le temps de recharger leurs armes, au désappointement de Santa Anna, le feu des Texans continua à faire des ravages dans les formations serrées de l'infanterie mexicaine

Le deuxième assaut obligea les Mexicains à marcher sur leurs propres morts, ce qui leur enleva beaucoup de leur ardeur combative.  Les assaillants parvinrent toutefois à dresser des échelles contre les murs et quelques Mexicains réussirent à déferler par-dessus les remparts.  Une contre attaque texane les obligea toutefois rapidement à la retraite.

Santa Anna eut de grandes difficultés à convaincre ses officiers de conduire un troisième assaut contre la forteresse, tant les pertes infligées à son armée avaient été élevées.

Le dernier assaut fut livré par 5.000 hommes aux sons des musiques régimentaires.  Les soldats se déversèrent par-dessus les remparts et parvinrent cette fois à se rendre maîtres des murailles.  Il devint évident que les Mexicains allaient prendre le fort par la seule force de leur nombre.  
Les rares survivants texans, au nombre d'une dizaine, se réfugièrent dans l'église où ils ne tardèrent pas à succomber.
Lorsque tout fut terminé, six défenseurs d'Alamo survivaient.  Santa Anna les fit fusiller dans la cour de la forteresse. 

Les suites

La décision de Travis de se laisser encercler dans Alamo, à l'encontre des ordres de Houston, fut une erreur militaire.  Elle eut cependant un effet moral crucial, tant sur les Mexicains que sur les Texans.
Pour le Mexique, le fait de voir son armée arrêtée pendant treize jours par une poignée d'hommes, fut des plus démoralisants.
Subjugués par l'héroïsme de Travis et de ses compagnons, les Texans cessèrent de se quereller entre eux.  Une énorme vague de patriotisme fit affluer les volontaires au camp de Sam Houston en vue des combats futurs...
Le chiffre des pertes mexicaines ne fut jamais exactement établi; selon le Secrétaire de Santa Anna à l'époque du siège, le Mexique déplora plus de 1500 morts, soit dix Mexicains pour un Texan.  A ces pertes, il fallut ajouter plus ou moins 1500 blessés, les combattants d'occasion de Travis mirent ainsi hors de combat le tiers de l'Armée du Mexique...

Filmographie
Deux films qui racontent cet épisode de la bataille d'El Alamo furent réalisés :
   - En 1960, de et avec John Wayne et Richard Widmark
   - En 2004, avec Dennis Quaid et Billy Bob Thornton

Les deux visages de Davy Crockett au cinéma.
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Jouer "Alamo"
Le jeu d'histoire nous propose également de reconstituer la bataille au travers du supplément au jeu LoToW, intitulé "The Alamo".

Rédigé par thierry

Publié dans #Historique

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