L'Art de la Guerre : L'expédition punitive

Publié le 28 Décembre 2008

840 ad Urbe Conditae, Domitien dirige l'Empire Romain.
L'empereur, le peuple et le sénat romain apprennent avec stupeur que dans la lointaine province de Dacie,
Duras-Diurpaneus, roi des Daces, vient de lancer une attaque sur la Mésie et d'assassiner le gouverneur de cette petite province. Rome ne peut laisser cet affront impuni au risque de voir toute la région du Danube s'embraser et se ranger au côté des redoutables guerriers daces. Déjà les cavaliers Sarmates-Roxolans ont fait alliance avec le roi.
Une expédition punitive est décidée. L'empereur ordonne de détacher la IIème légion AVGVSTA des frontières germaniques de l'Empire et de l'envoyer en Dacie afin de réprimer le plus rapidement possible cette rebellion. Quelques éléments auxiliaires et de cavalerie sont ajoutés à cette légion. L'armée ainsi constituée est confiée à Cornélius Fuscus, qui fort de la puissance romaine, pense que cette campagne ne sera qu'un jeu d'enfants pour cette légion de vétérans habitués à combattre les redoutables germains.

Certes ils ont entendu parler de l'arme légendaire des Daces, cette redoutable falx capable de trancher un homme en deux, mais rien ne peut entamer la confiance qu'ils ont dans la puissance et la discipline qui font la force de la légion romaine.

C'est ainsi que Cornélius démarre cette campagne et insouciant du danger qui le menace, il rentre sur le territoire des Daces.

Décébale, qui a succédé à Duras, a, de son côté, rassemblé les tribus et c'est une impressionnante armée de guerriers qui se masse dans la plaine et attend la légion qui a déjà été signalée par les éclaireurs.
Ces guerriers se partagent en deux gros corps d'infanterie soutenus par les porteurs de falx et précédés d'une nuée d'infanterie légère, javeliniers et archers. Près du bois, la cavalerie légère dace encadre la lourde cavalerie Sarmate déjà déployée en bataille.


C'est une armée composée de guerriers impétueux, donc difficiles à commander. Le point fort de cette masse est son nombre ; l'armée ne déroute qu'à 26 points cohésion.
Face à cette troupe hétéroclite, la légion, fidèle à son habitude se déploie en ordre, sûre de sa force. Les légionnaires forment deux groupes soutenus par des troupes auxilaires qui ellles aussi sont constituées de combattants d'élite. En face des cavaliers barbares se déploie la cavalerie romaine. L'armée de Rome est peu nombreuse - elle déroutera à 16 points de cohésion perdus - mais solide.
La bataille s'engage. Les Romains avancent résolument vers les Daces. Les cavaliers manoeuvrent pour se placer dans une position qui, croient-ils, leur donnera un avantage décisif sur cette cavalerie qu'ils redoutent.
Après quelques tirs des javeliniers et archers legers, les deux ailes s'affrontent ; les corps centraux sont plus en retrait - manque de points d'initiative pour les Daces, prudence pour le général romain.

Sur l'aile gauche, la cavalerie romaine se divise en deux groupes et charge les cavaliers pour l'un et les flancs des guerriers un peu trop avancés pour l'autre. Le général qui commande la cavalerie sait qu'en divisant ses forces, il s'affaiblit devant les Sarmates mais le flanc libre des guerriers était trop attirant pour l'ignorer.


Comme prévu, les guerriers daces encaissent mal le choc de la cavalerie romaine surtout que le général du corps n'écoutant que son courage s'est jeté au coeur de la mélée ce qui amène le poids nécessaire à la victoire qui semble se dessiner d'autant plus que le général qui commande les guerriers est tué lors d'un assaut. L'autre partie de la cavalerie, qui s'est sacrifiée, ne peut résister longtemps aux coups de boutoir de la cavalerie lourde Sarmate. Elle est bousculée puis écrasée. Les cavaliers lourds arrivent dans les flancs des cavaliers romains restant.
Sur l'aile droite, Décébale en personne mène ses tribus alors que Cornélius dirige la manoeuvre du plus gros contingent de la IIème AVGVSTA. Les deux blocs s'affrontent. L'impact imposé par les Romains fait plier petit à petit les barbares. Le reste de la légion amené en hâte par le tribun se jette dans la mélée qui devient confuse.

Au centre, les guerriers qui ont vu mourir leur général, se désorganisent. Ils sont alors attaqués de flanc par deux unités d'auxilia romains qui profitent de la situation.....

Mais, c'est trop tard, si le Romain prend peu à peu l'avantage sur l'aile droite, le nombre des barbares est trop grand....les courageux légionnaires cédent du terrain partout ailleurs....trop usée pour continuer le combat, la légion AVGVSTA quitte le champ de bataille où le roi Décébale reste seul vainqueur....
C'est un désastre pour l'Empire, Domitien apprend quelques jours plus tard la défaite de Cornélius Fuscus.....

Il faudra 12 ans à Rome et son nouvel empereur, Trajan, qui n'a ni oublié ni pardonné, pour reprendre la guerre et ravager la Dacie qui s'était montrée si rebelle et avait osée défier et battre les légions romaines.

Rédigé par thierry

Publié dans #L'art de la Guerre

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